Pesantissimo il primo rapporto della Commissione di indagine sui preti pedofili in Francia. Situazione simile a quella dell’Irlanda, degli USA della Germania

Abus sexuels dans l’Église : la commission Sauvé intensifie ses travaux

Les faits

Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission contre les abus dans l’Église, dresse un bilan provisoire du travail de recensement. Plus de 5 000 appels ont été enregistrés. L’exploration des archives révèle encore d’autres affaires anciennes.

Abus sexuels dans l’Église : la commission Sauvé intensifie ses travaux

Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase).

Lors d’une visioconférence de presse tenue mercredi 17 juin, Jean-Marc Sauvé a fait le point, « à mi-parcours », sur les travaux de la Commission indépendante contre les abus sexuels dans l’Église (CIASE) dont il est le président : créée le 10 février 2019 par la volonté conjointe de la Conférence des évêques de France (CEF) et la Conférence des religieuses et religieux de France (Corref), la commission devrait rendre son rapport à l’automne 2021.

Abus sexuels dans l’Église catholique : comment en est-on arrivé là ? C’est la question lancinante à laquelle cherche à répondre le président de la commission Jean-Marc Sauvé : « Dénombrer les abus, les victimes, les auteurs… La commission veut rendre compte des conséquences des abus sur la vie des personnes et faire mémoire de leur souffrance. »

Témoignages et entretiens

Le travail de la CIASE s’appuie en premier lieu sur les témoignages des victimes : lancée le 2 juin 2019, la permanence d’écoute – chaque jour de 9 à 21 heures (1) -, a reçu pas moins de 5 300 appels. L’épidémie de Covid-19 a provoqué la diminution de moitié des appels, et conduit la commission à prolonger jusqu’au 31 octobre, cette collecte : « Le nombre d’appels est impressionnant, mais nous avons la conviction que toutes les victimes n’ont pas encore fait la démarche, parce que la souffrance est trop grande ou qu’elles doutent de l’utilité de leur parole ».

En plus des témoignages, la commission procède à la collecte de questionnaires très détaillés – 1 500 ont été enregistrés à ce jour – et organise des entretiens avec des victimes et des experts. Suspendues pendant le confinement, ces auditions reprennent ce mercredi 17 juin. Enfin, les rencontres régionales, elles aussi interrompues par le confinement, sont programmées à la rentrée, à Rouen (le 15 septembre), Lyon (le 22) et Dijon (le 29), avant Marseille et la Corse.

Explorer les archives

Ces premières sources d’information ont permis de réunir des éléments fiables sur la longue période à l’étude. Parmi les appels reçus, les deux tiers portent sur des faits remontant aux années 1950-1970. Les décennies suivantes correspondent chacune à 5 % des appels. « Sans qu’il y ait disparition des abus, il y a une nette décrue depuis 1990, liée à plusieurs facteurs : les faits trop récents pour en parler, la réduction sociale de la foi catholique et la diminution du nombre de prêtres au contact des enfants », commente Jean-Marc Sauvé. Reste que vingt-cinq affaires pouvant faire l’objet de poursuites judiciaires ont donné lieu à un signalement au parquet de la pa

Autre moyen d’action, l’exploration des archives des diocèses et congrégations religieuses mais aussi de la justice et de la presse, complétées par des études de terrain. À ce jour, ces sources diverses ont permis de dénombrer 3 000 cas, sans que ces dossiers se recoupent tout à fait avec les témoignages. Frappé par le courage des personnes qui acceptent de témoigner, à visage découvert et même en réunion publique, le président de la CIASE ne doute pas de la crédibilité des histoires rapportées : « Ce qui nous est relaté est inimaginable, il ne peut y avoir de doute sur ce qu’elles racontent ».

Des abus systémiques

Retrouver les victimes, et les auteurs : en croisant les différentes sources, le nombre de prêtres abuseurs ne serait pas inférieur à 1 500, la plupart ayant fait plusieurs victimes : « Il s’agit parfois d’un véritable système qui a permis à certains agresseurs de s’en prendre à plusieurs dizaines d’enfants », confie le président de la CIASE. Quant au rôle des fondateurs récemment mis en cause dans certaines affaires, Jean-Marc Sauvé – qui doit recevoir prochainement le rapport d’enquête portant sur le père Finet – souligne que, « sous l’autorité d’une mauvaise personne placée dans une situation hiérarchique, on peut passer d’un abus personnel à une situation d’abus systémique. Nous allons nous pencher sur cette question », précise-t-il.

Ce travail de recensement étant bien avancé, la commission veut maintenant davantage se pencher sur ce qu’a fait – ou pas – l’Église catholique durant cette longue période. À l’automne, un « séminaire résidentiel » réunira les 24 membres de la commission pour esquisser les orientations du rapport à venir : « La souffrance des victimes a été pour nous un choc, nous ne pouvons qu’être infiniment touchés par le récit des victimes, insiste Jean-Marc Sauvé, non sans émotion. J’ai été confronté à toutes sortes d’épreuves dans ma vie, aucune expérience n’équivaut à ce que nous découvrons, des vies abîmées, détruites jusqu’à l’empêchement de vivre. »

Une question de société

Dans ce travail de fourmi, la commission doit avancer dans le respect des dispositions légales quant à la protection des données ou le respect de la vie privée : « Notre détermination, notre obstination sont telles que nous irons au bout de notre mission. » Et si le mandat de la CIASE porte sur les abus commis dans l’Église, l’ancien patron du Conseil d’État en profite pour souligner les racines profondes de la pédocriminalité : « Il y a un travail plus vaste à mener, dans les familles, les institutions, l’école, le sport, les mouvements de jeunesse… Il est temps de révéler la face cachée de notre société et de rendre justice à la souffrance des enfants. »

Si Jean-Marc Sauvé dénonce donc un fléau encore trop ignoré dans la société, il souligne avec vigueur le caractère particulier des agressions commises au sein de l’Église : « Les abuseurs engagent la figure du sacré dévoyé au service d’une entreprise de prédation. » Avant de conclure : « Les victimes ont beaucoup à nous apprendre et nous avons le devoir de répondre à leur attente. »

1 : par Tél. : 01.80.52.33.55 ou par email : victimes@ciase.fr

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